J'aime beaucoup ce mot. Il résume pour moi tant de choses. C'est toute une histoire. Si je me lançais dans l'explication de l'histoire de Doumiah, il me faudrait probablement toute la nuit. Résumons ma réflexion par la traduction du mot "doumiah". "Doumiah" signifie "silence" en hébreu.
Aujourd'hui je suis entré dans "doumiah", et probablement rien ne sera plus jamais comme avant.
Les Psaumes, avec une magnificence de langage incomparable, couvrent tout le champ de la prière. Ils sont tout d'abord une description de notre indigence fondamentale, et non seulement de notre misère native et de toutes les épreuves successives que la vie nous réserve, mais de ce capital accumulé de de crimes, de fautes, de sottises et d'erreurs de toute nature que nous thésaurisons à grand labeur et qui peu à peu arrive, gràce à l'habitude, à faire partie de nous-mêmes. En face de Dieu qui nous a faits nous sommes des contrefaits pour qui le jour est arrivé d'exposer sans pitié et sans pudeur leur contrefaçon.
Mais à côté de cette longue et douloureuse exhibition, à côté de cette déchirante mise en lumière du travail du pardon sur le péché, David nous enseigne à dire à Dieu ce que nous espérons de Lui.
Paul Claudel, L'oeil écoute, gallimard huitième édition, 1946, p. 187-188.
Je me souviens d'une dominicain qui m'avait dit à Jérusalem une phrase qui ressemble à celle-là :"Il ne faut pas imaginer tel que l'on est avec ses propres yeux mais avec les yeux de Dieu, et on ne peut jamais imaginer la bonté de Dieu". L'exposé était beaucoup plus clair et plus beau, je pense avoir restitué l'idée.
Sans cesse dans l'écriture les deux propositions nous sont présentées. Il s'agit de choisir. Quand bien même notre coeur nous dirait de vivre nous serions portés vers des instincts de mort, comme si tout lachait en nous et notre corps choisissait pendant un court instant la mort.
Aujourd'hui j'ai choisi la vie.
Ce n'est pas simple, car il faut repartir de zéro.
Il n'y a pas trentre six solutions pour moi, il faut que j'écrive sans cesse, et que je modèle mon écriture. Que je passe des heures dans les livres, à titiller l'hébreu.
Il faut que je fasse le vide dans ma tête et me consacre enfin à la réflexion dirigée.
Je me suis trop laissé aller à ne rien faire depuis des années. C'est décidé. Je vais réouvrir mes livres, discuter avec des étudiants, rechercher ce qui me parle chez Montaigne, Qohélet, Chateaubriand, Claudel, et on verra. Je suis certain que j'accoucherai de mes désirs. De me révéler la puissance infinie de la lecture/ecriture. Ah col avel (tout le reste est vanité).
J'arrive Israël, cela fait dix ans que tu m'attends. Je ne t'ai jamais oublié. Que ma langue s'attache à mon palais si je t'oublie Jérusalem. J'arrive.
Paul Claudel voit dans l'écriture occidentale une dimension figurative :
dans Positions et Propositions. Idéogrammes occidentaux, Paris, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade" | |||||
Voici ce que j'ai trouvé dans la bibliothèque nationale de France par internet. Cela m'a bien fait rire. C'est surtout que ça en dit long sur l'homme Claudel. Un homme tout électrique. Maniétisé par tout ce qui l'entoure et où Dieu aurait été susceptible de mettre le feu aux poudres à n'importe quoi.
Comment vais-je lire Paul Claudel
P comme Patrologue, patristique, père, puissance, patrie
A comme Ame, homme et femme, souffle
U comme pour adoucir l'homme et la femme et ne concerver que le souffle
L comme Légerté, linéairalité, lecture, aller-retour, y aller à tout prix
C comme Cadavre car il y en a dans sa vie, il y a Camille, il y en a dans son corps que l'Esprit n'a pas encore pris en charge,
L comme Livre lu et livre à lire,
A comme homme et femme, souffle,
U comme pour atténuer l'homme et la femme et concerver le souffle
D comme Domus, sa maison, l'Eglise, peut-être,
E comme Esprit, Saint, à l'oeuvre, qui bégaïe
L comme Lourd et Léger comme cette pesanteur et cet apesanteur qui contaminent sa vie, qui l'obligent à prier à genoux.
Je suis fatigué des ces cavités, ce ces vacuités qui forment nos vacillements à toujours. Il faut sans cesse tourner autour du pot et à la fin c'est le cénurose intellectuelle et physique pour ne point avancer. Pour qui l'on se prend quand on se prend pour celui que l'autre voudrait que l'on soit selon soi et qui est lui. Il faut à tout prix arrêter la banqueroute et revenir à l'essentiel. Pour l'essentiel il y a l'Ecriture Sainte, Isaïe, les Psaumes, les Proverbes, Qohélet, la sagesse, pour comprendre et lire avec il y a Paul claudel :
Mais l'hébreu de David et le latin de saint Jérôme ne sont pas faits pour déclencher au fond de notre cavité spirituelle un écho à nous-mêmes étranger.
J'ai eu la chance d'avoir vu un beau film ce week-end qui m'a fait comprendre un certain nombre de choses sans quoi je n'aurais pas écrit ces lignes ainsi : Angel de François Ozon. Ce film ne fait pas de cadeau à l'âme humaine. Il déchire tout. Il m'a déchiré et m'a fait comprendre pourquoi donc tout cela. Je ne dis pas que le film donne un éclaircissement nouveau sur le monde, je dis qu'à ce moment de ma vie il me donne des lumières pertinantes à mon sens. J'ai eu la chance aussi de tomber sur une édition de la traduction par Paul Claudel des Sept Psaumes de la Pénitence. Quelle jolie traduction. Si vous ne la connaissez pas, n'hésitez pas, elle est écrite pour que nos coeurs comprennent.
C'est une brillante idée d'avoir réuni dans un format de poche les principaux textes poétiques d'inspiration chrétienne de Paul Claudel. Vous pouvez le trouver dans la collection poésie/Gallimard. On y trouve mon poème préféré : "Saint Jérôme, patron des hommes de lettres". Il y a des pages inoubliables.
Parlez en votre coeur, sur votre couche faites silence.
Le psaume 4 m'impressionne. Encore un psaume qui s'invite dans notre coeur si celui-ci se laisse pénétrer.
Ce qui me touche le plus c'est de voir comment la bible dit simplement des choses qui résonnent de mille échos dans notre coeur.
C'est toi, Adonaï, qui m'établis à part, en sureté
Enfermé à l'extérieur de chez moi, parce que monsieur a boublié ses clefs, je me réfugie dans la web cité en bas de l'appartement.
Dernièrement je suis allé voir deux films qui m'ont impressionné : "Le dernier roi d'Ecosses" avec john withaker et "Azul" réalisé en Espagne. Deux petits chefs d'oeuvre à mon sens. Surtout "Azul"
. "Azul" est une histoire complexe. Cette histoire se raconte avec de la beauté, de l'exigence, et au fond un sens profond de rendre les événements simples qui sont à la fois ordinaires et révélateurs d'une complexité. "Le dernier roi d'Ecosses" commence avec de grosses ficelles, et se termine pour le spectateur le coeur serré. "Azul" c'est le jour de l'homme ; "Le dernier roi d'Ecosses" c'est la nuit de l'homme.Je ne disposais pas de bible au moment d'écrire cette note dans mon carnet. J'ai donc pris le temps de méditer sur un verset qui se trouvait dans mes notes et qui vient de je ne sais plus où. Je l'avais noté quand j'étudias le mot "tsadiq" : le juste. Voici ce que j'ai noté :
Le juste espère encore au moment de la mort.
La Bible Espérer signifie avoir confiance. Le juste pense t'il qu'il va vivre au moment de mourir par le simple fait de son espérance vivace ? Je pense, selon le texte d'origine, que le juste au moment de la mort espère encore, c'est-à-dire qu'il ne perd pas espoir que le peuple d'Israël reviendra d'exil. Il espère non pas seulement pour lui-même mais pour toute sa famille. Au moment de sa mort le juste garde confiance. C'est une autre traduction possible. Qu'il doit être doux de mourir avec le sentiment de l'espoir, un espoir tel qu'il donne l'assurance que l'on vous ouvrira la porte et que vos amis qui vous attendaient vont vous ouvrir. Il est connu ce sentiment de grâce que l'on ressent quand on est invité chez des amis. En frappant à leur porte tout ce qui nous saturait dans la journée disparaît soudainement et l'on s'en remet à la joie de voir des visages que l'on aime bien. On sait qu'il se sont occupés de tout et notre présence est pour eux, dans la plupart des cas, une joie. On se sent alors exister pleinement et pleinement on va vivre un moment heureux. C'est ce sentiment là qu'a le juste au moment de la mort. C'est cela l'espérance. L'espérance c'est l'abandon complet de ses réserves et l'assurance du don de l'autre.
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